Histoire de Rouyn-Noranda
Table des matières
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Les premiers pas
Au début des années 1900, la région de Rouyn-Noranda n'était qu'une vaste
forêt sauvage traversée de rivières et de nombreux lacs pratiquement inaccessibles.
Un prospecteur de la Nouvelle-Écosse, Edmund Horne, s'aventura sur les rives du lac
Osisko pour la première fois en 1911. Il revint deux autres fois fouiller
le sol et découvrit finalement des gisements de cuivre d'une richesse inouïe.
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| Maison Dumulon |
| Fidèlement reconstitué, ce site historique regroupe un magasin général avec
un bureau de poste ainsi que la résidence familiale de l'époque. |
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Des gens affluèrent de partout, gonflés d'espoir et d'enthousiasme. Une
mine s'érigea, des cabanes de bois apparurent ici et là sur les bords du lac
et on parla bientôt d'un village...
Outre un hôtel rudimentaire, l'hôtel Osisko, les quelques cabanes abritant les colons, un
grand camp se dressa sur une pointe avançant dans le lac. C'était la demeure de
monsieur Joseph Dumulon, de Ville-Marie, qui en plus de loger la famille, servait de
magasin et de bureau de poste. À l'est, s'élevait à quelques acres le camp des
garde-feux, puis en face, le bureau du syndicat où on vendait les emplacements de
la future ville.
Jeudi, le 10 octobre 1924, dans le magasin de monsieur Dumulon, l'Abbé Fougère célébra
la première messe. Sur ce coin de terre plein de promesses, une cinquantaine
de personnes, regroupées autour d'un comptoir servant d'autel, prièrent ensemble
pour la première fois.
Le premier baptême célébré à Rouyn fut celui du
quinzième enfant de M. Ludger Lafond. Ce dernier avait quitté le canton
Latulipe au cours de l'été et s'était construit une maison en billes sur la rue
Principale. L'après-midi du 22 août 1925, il se rendit à la tente-chapelle
en canot avec le parrain, Arthur Dumulon, la marraine Yvonne Lafond, soeur de
l'enfant et le nouveau-né. À la fin de la cérémonie, le curé Pelletier
frappa avec un marteau une lourde barre d'acier suspendue à un boulot. Ce
sont des cloches rudimentaires accompagnant l'embarcation lorsqu'elle quitta le
rivage.

Les deux soeurs
Des deux soeurs, Rouyn naquit la première. Aux petites cabanes de
bois rond, vinrent s'ajouter un théâtre, un hôpital, une banque, des magasins,
des écoles, plusieurs hôtels... Noranda fut conçue pour servir les besoins
de la mine et de la fonderie. Au pied de ses deux énormes cheminées, des
centaines d'ouvriers se sont succédés sans relâche, 24 heures durant,
laissant la ville dans un perpétuel état d'éveil.
Origine des noms
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| Croix de Saint-Louis |
| La croix en or est émaillée de blanc; à l'origine au centre, on voyait la tête de Louis XIV sur un fond
d'émail bleu. Les Membres de l'Ordre de Saint-Louis portaient la Croix de Saint-Louis et recevaient
le titre de » chevalier «. |
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La ville de Rouyn tient son nom du Sieur Jean-Baptiste de Rouyn, originaire de Saint-Maurice, en Lorraine, capitaine
au régiment Royal Roussillon. S'illustrant lors de la bataille de Sainte-Foy en 1760, il reçoit la croix de Saint-Louis,
mais gravement blessé durant cette bataille, il retourne en France et y meurt.
Au tout début, des quartiers se développèrent aux environs de la rue des Pionniers (chemin du Landing), de la rue
Perreault et de l'avenue Principale.
Entre 1930 et 1940, d'autres rues ont été construites portant des noms d'anciens premiers ministres ou ministres, d'anciens
maires ou conseillers, de membres du clergé ou de pionniers : Gamble, McQuaig, Bagshaw (aujourd'hui Dallaire), Noranda
(aujourd'hui Mgr. Tessier), Galipeau (aujourd'hui Larivière), Horne, Mercier, Pelletier...
Noranda, qui tire son nom de la juxtaposition des mots "Northern Canada" devait à l'origine prendre la forme
de Norcanda, mais se mua en Noranda par suite de la négligence d'un imprimeur distrait. Cette ville fut constituée
en vertu d'une loi spéciale. Plus scrupuleusement surveillée au début dans le tracé de ses rues et boulevards ainsi
que dans l'organisation de ses utilités publiques, elle offre un caractère plutôt résidentiel.
La municipalité et la politique
La politique municipale de Noranda se caractérise par la rareté de ses élections. Les maires et échevins ont toujours été élus par acclamation, et ce, jusqu'en 1962.
Les trois premiers maires furent messieurs James Y. Murdoch (1926-1929), Ernest Hibbert (1929-1931) et James A. Carter (1931-1949). Ils étaient tous associés au groupe Noranda.
Par la suite, John David remplit le poste de janvier 1949 à mai 1950. Secrétaire de la ville sous toutes les administrations depuis 1927, Frédéric Hébert fut proclamé maire en mai 1950. Achille Juneau
succède au maire Hébert en 1967. M. Joachim Fortin fut élu premier maire de Rouyn en 1926.
Les deux soeurs furent érigées en municipalités la même année, soit le 11 mars 1926 pour Noranda, et le 5 mai pour Rouyn. Elles ont donc
fait leurs premiers pas ensemble pour ensuite prendre une allure différente, s'adaptant à leur caractère et à leurs besoins. En 1926, Rouyn-Noranda comptait 27 abonnés au téléphone.
L'unique annuaire pour toute la région québécoise et ontarienne s'intitulait : Temiscaming Telephone Directory. Il contenait 88 pages, annonces incluses.
Les numéros privilégiés étaient le 1 pour le curé Pelletier, et 10 pour la mine Noranda. Le curé dut plaider sa cause pour obtenir le numéro 1...
En décembre 1926, lorsqu'on alluma la première ampoule électrique, les citoyens de Rouyn réunis au 1 de l'avenue Principale célébrèrent l'événement jusqu'au lever du soleil. Les villes furent alimentées au 25 cycles
par la compagnie « Northern Quebec Power », jusqu'à la venue de l'Hydro-Québec, en 1964, qui installa le 60 cycles. On a dû procéder ainsi au recyclage et au remplacement d'une multitude
d'appareils électriques.
L'évolution
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| Incendie du 11 novembre 1938 |
Durant la nuit du 11 novembre 1938, un incendie éclate à l'hôtel Albert et se répand à une douzaine
d'établissements commerciaux. Sept morts, plusieurs blessés graves, des édifices complétement rasés,
il s'agit du pire désastre de l'époque. Il a inspiré une complainte dont voici un extrait :
L'anniversaire de l'armistice
Rouyn s'en souviendra longtemps
Nuit affreuse de sacrifices
Plusieurs êtres brûlés vivants
Rouyn, Noranda, endormis
S'éveillèrent soudain en sursaut
L'aigre sifflet Noranda crie
Et nous accourons aussitôt |
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L'évolution de Rouyn et Noranda fut ralentie a quelques occasions par des incidents pénibles. Les incendies, par exemple, menaçaient
toujours ces villes entourées de forêts, pouvant causer des désastres importants. L'un des plus terribles, au mois de novembre 1938,
détruisit sept édifices et causa la mort de plusieurs personnes. L'Hôtel Albert, l'Hôtel Commercial, deux magasins, un garage, deux résidences
furent complètement rasés. Les pertes financières furent évaluées à 500 000,00 $. Ces épreuves n'ont pas empêché les villes de progresser
et de se moderniser. Ainsi, vers la même époque, on pava les trottoirs et les rues Principale, Gamble et Perreault. Les constructions se sont
succédées si bien que vers les années 40 et 50, Noranda ne disposait déjà plus de terrain dans les limites de la Cité proprement dite. C'est
pourquoi les administrateurs se tournèrent vers un autre secteur (occupé par des squatters) pour le développement domiciliaire: Noranda-Nord.
Ce secteur se limite encore a une mince bande de construction qui s'échelonne sur environ 3,6 km de long de chaque côte de la
route nationale. Il deviendra, selon un concept d'aménagement récemment produit, un potentiel de construction pouvant loger de 5 000
à 6 000 habitants.
À Rouyn, vers les années 50, on annexa ce qu'on appelait les « squatters » de Rouyn-Sud, en y apportant les services municipaux.
Avec le centre-ville, cette nouvelle partie connut une forte expansion dans les domaines domiciliaire et commercial vers les années 50-60.
Plus de 300 logements ont été construits dans le quartier des vétérans et au centre ouest de la ville. En 1963, sous l'administration Leclerc,
on procéda au pavage de toutes les rues et trottoirs. Au début des années '70, de nouveaux quartiers résidentiels s'organisèrent:
Bordeleau, Place Tourigny, Duroquet, des Professeurs, Pointe Blake, Dallaire et Gaudreault-Rivard. Ainsi, près de 1 200 nouveaux logements
ont été construits dans le secteur est de la ville.
Toujours vers le début de l'année 1970, avec messieurs Jean-Charles Coutu (à la mairie de Rouyn) et Guy Carle (à la gérance), on met l'accent sur la qualité
de vie du milieu. La création d'un plan directeur d'urbanisme, le développement de l'aéroport, du centre-ville et du parc industriel;
l'aménagement de neuf parcs municipaux, d'une piste d'athlétisme et la création d'infrastructure sur le plan des loisirs et de l'administration
municipale donnent un regain de vie à la cité.
Parallèlement, à Noranda, l'administration municipale s'applique à la construction d'un viaduc, au développement de Noranda Nord
et à la création d'un parc industriel.
Une population cosmopolite
La population des villes-soeurs a connu une progression continue jusque vers les années 60. Ainsi, Rouyn en 1961 comptait 17 889
personnes. Puis en 1966, 18 463 pour finalement descendre à 17 804 en 1971. Quant à Noranda, elle comptait 10 509 résidents en
1960. Cinq ans plus tard, on en dénombrait 11 260 tandis qu'en 1970, la population se chiffrait à 11 205. Un grand nombre de nationalités
cohabitent dans les villes-soeurs. Ce phénomène particulier est dû en grande partie à la main-d'oeuvre étrangère engagée par la Mine
Noranda pour son exploitation. Les Polonais forment le groupe le plus nombreux et ils ont déjà été très actifs en fondant une chorale
mixte, un groupe de danses folkloriques ainsi qu'une équipe de soccer. Les Italiens viennent ensuite, suivis des Yougoslaves, des Français,
des Allemands et des Ukrainiens, etc. Ainsi, on pouvait retrouver à Rouyn-Noranda il y a quelques années, en plus des églises catholiques
anglaises et françaises, la plupart des églises protestantes ou anglicanes, grecques-orthodoxes, synagogues juives, etc.
Un dernier fait à noter en ce qui concerne Noranda: la population, en grande partie anglophone qu'elle était au début, est devenue
francophone à environ 80%. Le recensement de 1948 situe l'époque de ce revirement.

La mine
La Mine Horne, devenue plus tard la Mine Noranda, fut l'une des premières industries minières à s'établir dans la province de Québec.
Le 17 décembre 1927, on procéda au premier envoi de métaux. Les réserves connues alors étaient à peine suffisantes pour assurer
une durée d'exploitation de trois ans. En 1928, d'importantes découvertes permirent à la mine d'extraire quelque 45 millions de
tonnes de minerai depuis plus de 40 ans.
En 1932, pour fêter le 10e anniversaire de l'établissement de la Mine, ses dirigeants se réunissaient à Noranda. L'année avait été bonne,
on avait produit 63 000 000 livres de cuivre et 350 000 onces d'or.
En 1937, la Mine Noranda occupait la deuxième place mondiale pour l'exploitation du cuivre et la troisième pour celle de l'or. Malgré la
crise économique, elle réussit à doubler sa production de 1938 et à quintupler ses profits.
Échec et réussite
En 1940, la mine employait 1 900 hommes dont plusieurs étaient recrutés en Europe Centrale. Entre 1950 et 1960, les mines exploitées
par la compagnie passent de 8 à 23 dont 14 au Canada. Ses usines passent de 6 à 18 au Canada plus 4 à l'étranger. En 1970, le projet
encore très peu précis de construction d'une affinerie par la compagnie Noranda fit beaucoup de bruit: un organisme, "Opération Nord-Ouest"
fut mis sur pied afin d'inciter la compagnie à construire l'affinerie chez nous. Finalement, le projet avorta. Par contre la filiale de Noranda
récupéra des investissements de l'ordre de 19 000 000 $ pour l'expansion de son usine de smeltage. Cette usine est alimentée par les
concentrés provenant de la mine Horne de même que par le produit de 23 autres mines du Québec, de l'Ontario et du Manitoba.
Dans le secteur minier de Rouyn-Noranda, en 1976 il ne subsiste plus que trois mines: la Mine Horne de Noranda Mines et les puits Norbec
et Milenbach de "Lake Dufault Mines". Cependant, il faut tenir compte du fait que Noranda peut compter sur le potentiel minier de
Matagami-Joutel, de Chibougamau et de la Baie James.
Les syndicats
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| La grève des fros de juin 1934 |
| Ainsi nommée à cause des immigrants européens ("fros" est une contraction du mot foreigners,
qui signifie étranger) qui constituent la majorité des mineurs de fond, cette grève sera réprimée
en 10 jours sans aucun gain pour les grévistes. Richard Desjardins, auteur-compositeur-interprète
originaire de Rouyn-Noranda, a écrit une chanson à ce propos, Les Fros. |
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Dès le début des années 1930, les syndicats interviennent dans la région de Rouyn. En juin 1934,
la « Mine Workers League of Canada » affiliée à la Centrale Canadienne
« Workers Unity League » mène pendant dix jours une grève à la Mine
Noranda, mais finalement le groupe se désorganise. Un syndicat industriel « The International
Union of Mine, Mill and Smelter Workers » obtient une victoire en 1943 pour
l'accréditation (local 688 à Rouyn-Noranda).
Après la guerre, une grève de 3 mois déclenchée le 20 novembre 1946 est finalement
déclarée illégale par le gouvernement Duplessis. Quelques années plus tard, en 1950, les
Métallos (Métallurgistes Unis d'Amérique) ouvrent un bureau à Rouyn et obtiennent leur
accréditation le 11 janvier 1951. Après de longues négociations en vue d'une convention
collective convenable, ils déclenchent une grève qui s'étendra du 12 août 1953 au 13
février 1954. Les résultats de ces longs mois de contestation déçoivent un peu les
ouvriers, mais contrairement aux grèves de 1934 et 1946, ils conservent leur syndicat
et réussissent à signer une convention collective.
Par contre, les événements qui surviennent à Murdochville en 1957 entraînent la signature
d'une nouvelle entente avec les employeurs de la Mine Noranda et les conditions offertes
s'avèrent meilleures pour les ouvriers. Vers la même époque, les semaines de travail sont
réduites à 40 heures (avec pleine compensation salariale pour les heures non travaillées).
En 1964, suite à l'intervention de M. René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles,
une loi est votée par le gouvernement obligeant la retenue des cotisations syndicales
sur le revenu des employés. Cette décision provoque une amélioration remarquable au niveau
des syndicats. Le climat devient plus serein, le nombre d'adhérents se multiplie et les
négociations de 1965-68 et 71 s'avèrent plus satisfaisantes pour les travailleurs. Finalement,
au début de l'année 75, la compagnie accepte d'indexer les salaires à la hausse du coût de
la vie. Depuis plus de 20 ans, la Noranda connaît une période calme dans ses relations de travail.
Cependant, une remise en question de plus en plus inquiétante prend forme parmi la
population au milieu des années 1970 et elle touche la pollution de l'air et celle occasionnée
par les résidus miniers. Un Mouvement antipollution formé par un groupe de citoyens a pris
naissance dans les villes-soeurs et s'ingénue à sensibiliser la population et les autorités
aux dommages occasionnés spécialement à nos lacs par les déchets rejetés par les mines...

La Religion
On peut lire, dans les notes historiques de la paroisse
St-Michel: « À côté du nom de Horne, pionnier de l'exploration
minière, l'histoire doit placer celui du curé fondateur de Rouyn, monsieur
l'Abbé Albert Pelletier, qui arrivait à Rouyn en 1925« . Il s'implique
en effet dans presque tous les milieux et influence grandement plusieurs
citoyens. En août 1963, il donne sa démission à la paroisse St-Michel pour
des raisons de santé.
Le 17 novembre 1973, Mgr Pelletier est hospitalisé à l'Hôpital Youville et il
rend l'âme le 24 février 1974 à l'âge de 83 ans, 9 mois. Sa mort bouleverse beaucoup
de citoyens qui l'avaient connu; Armand Beaudoin écrit dans "L'Écho Abitibien" du 13
mars 1974 : « Sous une écorce peut-être à l'image du roc précambrien
qui est le nôtre et qui recèle en même temps des trésors inestimables, Mgr Pelletier
fut le père d'au moins deux générations de gens de mines auxquels il a rendu d'immenses
services et qui ont su lui en témoigner leur reconnaissance. Paix à
sa mémoire« .
Les religieuses et les frères
Peu de temps après l'arrivée de Mgr Pelletier, quatre religieuses des soeurs
grises de la Croix s'installent à Rouyn et prennent la direction de la première
école paroissiale. Un an plus tard, elles assument la charge du premier hôpital,
l'hôpital St-Albert, pour déménager en 1929 dans un nouvel édifice plus spacieux :
l'hôpital Youville.
En 1935, arrivent les Clercs St-Viateur, pour enseigner aux garçons de l'École
Supérieure St-Michel. Trois ans plus tard, les soeurs de Notre-Dame auxiliatrice
prennent en charge l'Orphelinat St-Michel et enseignent à l'école Immaculée Conception
de Rouyn-Sud. La même année on fonde le Foyer pour jeunes filles qui comprend aussi
le Jardin de l'Enfance et l'Hospice des vieillards, sous la responsabilité
des soeurs de l'Institut Jeanne D'Arc d'Ottawa.
Les Frères du Sacré-Coeur sont engagés par la Commission scolaire de l'Immaculée
conception en 1944 pour enseigner aux garçons de la paroisse. En 1948, on procède
à l'ouverture de la Maison des retraites fermées. Cette même année, au Collège de
Rouyn, débute le cours classique dans un premier local situé sur la rue Perreault.
Pendant ce temps, les soeurs grises inaugurent l'Ecole normale Notre-Dame de Grâce
et l'Externat classique pour filles. En 1954, c'est l'arrivée des Oblates de Marie
Immaculée suivie en 1959 par les Servantes de Jésus-Marie.
Les paroisses et le diocèse
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| Tente-Chapelle |
| Tente-Chapelle érigée par le curé Albert Pelletier. La messe aura
lieu ensuite à l'école Saint-Louis, puis au Théâtre Régal et
enfin à l'église Saint-Michel (en haut de page). |
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En 1925, les résidents de Rouyn demandent la création d'une paroisse. Mgr Louis
Rhéaume répond à leur voeu en autorisant la fondation de la paroisse St-Michel. Par
la suite, la paroisse Notre-Dame de la Protection est implantée, le 1er
septembre 1929, par l'Abbé Arsène Arseneault. Quelques années plus tard, un grand
théologien et prédicateur, l'Abbé J.M. Pelchat est nommé curé et le demeure jusqu'à
sa mort en 1966. Le 22 juillet 1938, Mgr Rhéaume confie aux Pères Oblats la paroisse
de Rouyn-Sud et le curé Richard en prend la charge. Le 30 mai 1946, on fonde la
paroisse St-Joseph et l'Abbé Ernest Guèvremont en est le curé fondateur.
En octobre 1947, la paroisse Blessed Sacrament est fondée par le Père T.J. McManus
remplaçé un an plus tard par le curé John A. Caufield. Le 1er septembre 1953,
l'Abbé Emile Gadoury est nommé curé fondateur de la paroisse Sacré-Coeur de Noranda. De
1948 à 1957, les Pères de la paroisse Immaculée conception desservent le secteur Glenwood.
En 1957, Mgr Maxime Tessier annonce la fondation de la paroisse Ste-Bernadette et la
nomination du curé Kinlough.
Différentes sectes religieuses évoluent à Rouyn-Noranda depuis les débuts. Par exemple,
l'Eglise Unie ouvre une mission en 1926, tandis qu'une mission catholique Ukrainienne est
fondée par le Père Chayka en 1955. Outre les communautés catholiques, anglicanes et
unies, mentionnons les Eglises Baptistes, Pentecôte, Orthodoxe Russe et les Témoins
de Jéhovah.
Jusqu'en 1974, Rouyn-Noranda faisait partie du diocèse de Timmins. Le 9 février de
cette même année, un nouveau diocèse s'érige avec un évêque titulaire à Rouyn-Noranda.
Jean-Guy Hamelin est sacré premier évêque du diocèse à l'occasion d'une cérémonie populaire
regroupant plus de 5,000 personnes au Forum de Rouyn. En 1975, le diocèse compte 59 086 âmes,
avec 37 paroisses, 3 dessertes, 5 missions indiennes et 74 prêtres assument le service pastoral.

L'éducation
L'Orphelinat St-Michel ferme ses portes en 1960 et la maison est aménagée
pour recevoir un groupe de Séminaristes. Un collège privé est créé sous le nom
de Séminaire St-Michel. En 1975, l'Institut Notre-Dame du Sourire devient une
institution privée pour jeunes filles.
Construite par un architecte de la ville, M. Auguste Martineau et grâce à
M. Nil E. Larivière, ancien député du comté, l'École des arts et métiers ouvre
ses portes au début des années 40 et peut recevoir jusqu'à 200 élèves.
À chaque année, l'École des métiers convie les notables de la place à
l'ouverture de son exposition. C'est ainsi que l'on retrouve en juin 1955 autour
du directeur M. Lucien Beauchemin, Mgr Albert Pelletier, président directeur et
curé de St-Michel, M. Guy Dallaire, député de Rouyn-Noranda, Monsieur J.O. Dubois
ainsi que les maires Caouette et Hébert.
En septembre 1955 à Rouyn, 129 professeurs enseignent dans 9 écoles,
totalisant 118 classes. Les professeurs se répartissent ainsi : 86 institutrices
laïques, 23 religieuses de la Congrégation des soeurs grises de la croix et de
Notre-Dame Auxiliatrice et 20 religieux de la Congrégation des frères du sacré-coeur
et des Clercs St-Viateur.
En 1957, près de 500 élèves suivent les cours réguliers du Collège de Rouyn, plutôt
connu sous le nom de Collège classique. De ce nombre 150 résidents à Rouyn-Noranda.
Les autres viennent des différents centres de la région et de l'Ontario. À cette
époque, le révérend père Jules Bélanger, Oblat de Marie Immaculée est recteur du
Collège. Il fut remplacé en 1960 par le révérend père Roland Ostiguy.
En septembre 1971, on inaugurait l'école Polyvalente d'Iberville de Rouyn.
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| Construction de l'école secondaire d'Iberville en 1970 |
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Le collège et l'université
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| École St-Michel sur l'avenue Dallaire |
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En 1964, le collège ouvre une section pour les filles; on prévoit même la construction
d'une résidence pour les étudiants. En 1965, en ce qui concerne les institutions indépendantes,
les investissements en éducation dépassent 6 millions. L'éventail d'options pour les étudiants
est le suivant: Sciences infirmières, Sciences commerciales, École normale pour jeunes filles,
École technique, Collège classique offrant une dizaine d'options, Collège Classique Notre-Dame
de Grâces pour jeunes filles, Séminaire St-Michel, Institut Notre-Dame du Sourire. À cette époque,
un conseil provisoire se forme en faveur de l'implantation d'un institut à Rouyn-Noranda. La
plupart des membres de ce comité reviennent à la charge en 1967, afin de présenter une autre
requête et cette fois-ci pour la création d'un collège d'enseignement général et professionnel
(Cégep). On y retrouve comme président le juge Léopold Larouche, puis le révérend père
Aurélien Giguère, l'abbé Marcel Routhier, M. Lorrain Barrette, La révérende soeur Gabrielle
Laramée, M. Lucien Beauchemin, M. Raymond Pilon, le révérend père Omer Brazeau, M. Jean-Charles
Coutu, le révérend père Jacques Roux, M. Jacques Guenette et M. François Petit. Leurs efforts
aboutissent et le 14 août 1967, le Collège d'enseignement Général et Professionnel de Rouyn-Noranda
est officiellement créé. Le premier président, M. Jean-Charles Coutu, est nommé par le
lieutenant-gouverneur en conseil. Le révérend père Jacques Roux OMI assume la direction
générale du Collège de 1967 à 1974. M. Lorrain Barrette, son successeur entre en
fonction le 19 novembre 1974.
Le 22 mai 1975, le Cégep de Rouyn-Noranda est autorisé à changer son nom pour devenir
le « Collège d'enseignement général et professionnel du Nord-Ouest ». Depuis
son ouverture, plusieurs constructions viennent s'ajouter aux édifices déjà existants : une
résidence pour les étudiantes, un pavillon d'éducation physique, une bibliothèque, le pavillon
des sciences et de nouvelles résidences pour les étudiants. Le centre arrière de l'édifice
est loué à l'Université du Québec. On réaménage la cafétéria ainsi qu'une salle à
usages multiples. Finalement, en 1973, on démolit l'ancien pavillon Massé.
La clientèle étudiante du Collège a connu une évolution progressive pour ensuite se
stabiliser et connaître un début de régression. En 1972-73, 1 661 étudiants fréquentent
le collège, tandis qu'en 1975, les statistiques révèlent un total de 1548 inscriptions.
En 1970, suite aux recommandations d'un comité de régie de la formation des maîtres
du Nord-Ouest québécois, l'Université du Québec à Trois-Rivières établit un campus à Rouyn.
En novembre 1972, les services universitaires du Nord-Ouest et de l'Outaouais se fusionnent
pour devenir l'actuelle Direction des études universitaires dans l'Ouest Québécois (DEUOQ).
Ce n'est qu'en 1983 que l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) est
officiellement créée, avec la mission d'assurer l'enseignement et la recherche sur
tout le territoire de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec.
L'UQAT prend enfin possession de son nouveau campus de Rouyn-Noranda en 1996.
L'édifice, d'une architecture audacieuse et élégante, est devenu l'un des points
de repère du paysage rouyn-norandien.
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| L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue |
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La Santé
L'Hôpital Youville fut construit en 1930 et administré par les soeurs grises de la
croix jusqu'en 1968. Le premier établissement accueillait 85 patients. En 1945, l'on
procédait à des travaux d'agrandissement en ajoutant deux étages et en lui donnant la
forme d'un Y. En 1965, le ministère de la Santé annexait l'École des sciences infirmières
dans le but de former un personnel infirmier compétent pour mieux désservir l'Hôpital
et les cliniques de santé. À cette même époque, le juge Léopold Larouche appuyé du
docteur J.O.V. Bellegarde, du député Antonio Flamand et des professionnels de la santé de
Rouyn-Noranda, entreprirent les démarches nécessaires à la construction d'un nouvel hôpital.
Inauguré en 1973, le Centre hospitalier Rouyn-Noranda peut accueillir 275 patients et
compte plus de 750 employés. Son budget se chiffre à plus de 7 000 000 $. La
direction générale est présentement assumée par Me André-Gaétan Corneau.
La Loi 65 amène la Fondation du conseil régional de la santé et des services sociaux.
En 1973, sous la direction de M. Pierre Roberge, le CRSSS établit son bureau régional
à Rouyn. Son rôle consiste à prêter assistance et conseil aux établissements de
services sociaux et de santé de la région. M. Raynald Bergeron en est l'actuel
directeur.
En 1967, le président du Conseil du bien-être de Rouyn-Noranda, Me Jean-Charles
Coutu réclame auprès du gouvernement provincial la construction d'un centre pour
mésadaptés socioaffectifs. Par la suite, un groupe de citoyens stimulés par l'initiative
du juge Camille Beaulieu constitue la Corporation « Maison Rouyn-Noranda ».
En 1970, son président, M. Géorges Trépanier inaugure les travaux de construction du
centre qui, à partir de 1971, peut loger 105 résidents (dont 45 filles) âgés entre 10
et 18 ans. M. Antonio Flamand est nommé directeur général de la Maison Rouyn-Noranda.

Sports et loisirs
À Rouyn, dès 1926, Mme H. S. Carey ouvrit le "Théâtre Régal" et y présenta des films
au coût de 0.75. On jouait également aux cartes, à l'argent, et à d'autres jeux à caractère
un peu douteux. La ville possédait de nombreuses salles de billards où on organisait des
tournois. On disposait aussi de patinoires pour le patin à roulettes. On assistait à des
courses de chevaux où on pariait de bon coeur; la piste, inaugurée le ler juillet
1938, était située à l'ouest de l'avenue du Palais et de la 9e rue
(École Ste-Anne de Noranda). La dernière course eut lieu en 1945.
En hiver et en été
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| Patinage sur le lac Osisko (Notez l'absence de neige) |
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Déjà vers les années 1926-27, on pouvait patiner sur les Lacs Edouard et Osisko, devant
le bureau de poste dirigé par Mme Dumulon. Par la suite d'autres patinoires furent installées,
entre autres à l'école St-Michel où les Clercs de St-Viateur initièrent nos premiers joueurs de
hockey. À Noranda, il existait également une "aréna" de tôle", non chauffée, au coin de la
rue Murdoch et de la 9e rue. Des équipes professionnelles comme les « Éclairs »
et les « Rois du Cuivre » vinrent quelquefois s'y pratiquer à des heures
aussi indues que 5 ou 6 heures du matin. Les joutes étaient si populaires qu'il fallait
souvent faire la queue pour assister debout à une partie. À proximité, le Club de Curling
disposait de deux allées. On faisait aussi du ski de fond et plus tard en 1939 à Arntfield,
du ski alpin. Les courses de chiens s'avéraient aussi très populaires à cette époque.
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| Tournoi de golf au club Noranda |
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Durant la saison estivale, la population assistait à des joutes de balle molle disputées par
des joueurs de très bon calibre venus ici pour travailler à la Mine Noranda. Près de l'actuelle
plage Kiwanis, on avait installé des courts de tennis et plus tard une piscine extérieure était
aménagée derrière le presbytère St-Michel.
Pendant les années 30, un terrain de golf fut inauguré à Noranda et des cours de lutte et
de boxe furent même donnés en 1947. Il va sans dire que le merveilleux Lac Osisko était propice
aux baignades, au plongeon, au canotage et à la voile. En plus d'être des sports très pratiqués,
la chasse et la pêche furent un moyen de subsistance appréciable pour les colons.
Le forum
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| Le Forum de Rouyn construit en 1949 grâce à des souscriptions publiques. |
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Le Forum de Rouyn ouvrit officiellement ses portes le 18 décembre 1949. La réalisation
de ce projet est le fruit d'une longue démarche entreprise par la Chambre de commerce de
Rouyn-Noranda au cours des années 1937-38. Le projet aboutit finalement en 1947 lorsqu'un
groupe d'hommes d'affaires décidèrent de former l'Association athlétique Rouanda Inc. Les
principaux promoteurs furent: Maître Camille Beaulieu, Messieurs T. Bosada, Albert Coutu,
Philippe Dallaire, Gaétan Désabrais, Léon Doyon, J.O. Dubois, Nil Larivière (surnommé le père
du Forum de Rouyn), Paul Matte, Edouard Paré, L.D. Pilon, Albert Plante, Sabin Thibault, W.A.
Turner et Eugène Lemire. On vendit à l'époque des actions pour financer cette entreprise privée.
Monsieur Gamble céda plusieurs lots pour la somme de 1,00 $.
L'édifice, construit à l'intérieur du quadrilatère formé des rues Taschereau, Dallaire,
Latulipe et Mercier Est entièrement à l'épreuve du feu et peut abriter 3 500 spectateurs
assis et 1 500 debout. Plusieurs joueurs de hockey célèbres firent leurs débuts sur la glace du Forum :
Wayne Connelly, Jacques Laperrière, Rogatien Vachon, Serge Savard, Réjean Houle et plusieurs autres.
Le 23 décembre 1959, face aux déficits accumulés, l'Association Athlétique Rouanda
cédait le Forum à la ville de Rouyn pour la somme de 80 000 $ alors qu'il en
avait coûté plus de 400 000 $. Depuis sa fondation, le Forum a connu six
gérants, dont M. Aristide Renaud surnommé « Ti-Zime ». Jusqu'à
sa mort survenue en 1975, il contribua grandement à la promotion du hockey et au
succès de plusieurs jeunes.
Le centre récréatif de Noranda
Le Centre récréatif de Noranda inaugurait ses activités le 27 janvier 1951, par
une joute de hockey qui opposait un club de Toronto aux « Rois du Cuivre ».
La Mine Noranda, propriétaire de l'édifice, le dédia aux soldats morts à la deuxième
guerre mondiale. Depuis sa fondation, 3 gérants furent engagés: M. Orlick, gymnaste
reconnu qui forma le club de gymnastique Sokol dans les années 50, puis M. Blatchford
et finalement M. Gilles Laperrière qui occupe le poste depuis 1967.
Au cours de son évolution, en plus de favoriser le hockey mineur et professionnel,
le Centre offrit des spectacles de grande envergure dont, le Championnat canadien
de patinage artistique amateur en 1957. Furent aussi présentés, le Ballet National
du Canada, Gene Autry, des cirques, des orchestres pop, etc.
L'évolution des loisirs
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| Lac Osisko |
| Vue de Rouyn à partir du parc Trémoy à une époque où on se baignait dans le lac Osisko |
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Avant 1965, le hockey et le baseball figuraient parmi les activités sportives les plus
pratiquées à Rouyn-Noranda. À compter de cette date, il se produisit une diversification
des disciplines sportives grâce à l'arrivée de nombreux éducateurs physiques qui firent
connaître et apprécier d'autres secteurs d'activités: un programme de natation à la
piscine du pavillon Laramée fût défrayé par les villes-soeurs, des ligues de soccer,
de ballon panier et ballon volant s'organisèrent. En 1973, les villes de Rouyn-Noranda
accueillirent plus de 4 000 athlètes lors de la finale provinciale des Jeux du
Québec. Les jeux ont permis également l'éclosion ou le renforcement de nombreuses disciplines
sportives et culturelles. II suffit de mentionner: l'athlétisme (dont le championnat
provincial de 1974 eut lieu à Rouyn-Noranda), le cyclisme (participation de plusieurs
cyclistes au fameux tour de l'Abitibi, créé en 1969), la natation, le ski nautique,
le tennis sur table, l'haltérophilie, tir à l'arc, voile, etc. De plus, à cette époque,
des cours sont offerts à la population dans divers domaines allant du canotage au
conditionnement physique, karaté, yoga, ballet-jazz.

Culture
Les activités artistiques et culturelles furent lentes à démarrer à Rouyn-Noranda.
On peut parler bien sûr, au début, de quelques « théâtres » qui
présentaient des films; on peut même parler, vers 1936, du Théâtre Alexander où on offrait
au public des spectacles de variétés et des revues préparés par des groupes locaux. Cependant,
l'initiative des premières manifestations populaires revient surtout aux fanfares et
aux chorales.
En 1928, on fonde la Chorale St-Michel dont les premiers directeurs furent Messieurs
Chartrand et Lafleur.
En 1935, M. Heart fonde une fanfare avec des membres anglais de Noranda. Après la
guerre, M. Huehnergard lui succède puis finalement M. Stan Harrison. Le
« Canadian Corp » a manifesté beaucoup d'appui à cette fanfare dont
les activités se terminèrent en 1960. La fanfare « Le Pionnier
Inc. », fondée vers les années 40, a connu des heures de gloire lors des
Carnavals d'hiver, des expositions régionales et des « pageants » tenus à
Rouyn-Noranda jusque vers la fin des années 60. Le groupe « Les
Ambassadeurs » dirigé par M. Jean-Marie Jacques prit la
elève et demeura actif jusque vers les années 74.
En 1939, la Société St-Jean Baptiste présente au public une pièce théâtrale
intitulée « Le Soldat de Chocolat ». La principale interprète,
Mme Yvette Brouillard, connut pendant plusieurs années un important succès dans le
monde du spectacle de chez nous.
L'année 1940 marqua la fondation d'une nouvelle chorale « Les Amis
de l'Art », dirigée par le docteur Jean Moreau. Deux personnes avantageusement
connues de la population figuraient parmi les membres : M. Aimé Mignault et le
juge Léopold Larouche.
Entre 1940 et 1950, le théâtre et le chant évoluèrent. Le théâtre Capitol
commençait à présenter des pièces de théâtre; une troupe anglaise « Noranda
Players Guild » fut fondée sous la direction de M. Don Thomas. Le 21 septembre
1945 un grand concert bénéfice, sous la direction de M. Martial Veillette, fut
présenté au théâtre Noranda.
Dans les écoles
Pendant tout ce temps, dans les écoles, le clergé continuait d'inculquer aux
étudiants l'amour de la musique et des arts. Ainsi, au mois d'octobre 1952,
le Révérend Père Marcel Duguay réunit pour la première fois sur
scène « Les Compagnons de la Gaieté » du Collège de Rouyn.
Leur succès fut retentissant et dura plusieurs années. Sous la direction du Révérend
Père Henri Beaudoin, secondé par le Révérend Père Marcel Forget, ils eurent l'occasion de faire
plusieurs tournées à travers la région.
En 1952, les Humanistes du Collège montent leur première vraie pièce de théâtre
et en 1953, ils jouent « La Farce des Moutons » farce populaire du
Moyen Age. En 1954, on monte « St-Félix et les pommes de terre » de Brochet,
comédie d'une heure et demie, jouée par Jacques Villeneuve, Gilles Archambeault et Yvan
Ducharme. En 1956, le théâtre est confié à M. Jean Bilodeau qui introduit des interprètes
féminins sur scène dans « Noël sur la place » de Ghéon. En février
de la même année, à l'occasion du 25e anniversaire d'ordination de Mgr. Tessier,
évêque de Timmins, on interprète un extrait du « Médecin malgré lui » et
une création « Job 56 ».
Un Comité Artistique fut également mis sur pied par le Révérend Père Conrad Latour et
présenta pendant quelques années des spectacles de qualité mettant en scène des artistes
tels: Félix Leclerc, le Quatuor Alouette, Jacques Labrecque, le Choeur Palestrina etc...
L'Harmonie du Collège fondée en 1955, sous la direction de M. Serge Boisvert, connût un
succès immédiat auprès des étudiants et de la population pour ensuite décliner un peu au
départ de son directeur. M. Gaston Pratte reprit le groupe en main et lui donna un regain
d'énergie.
La bibliothèque
En 1948, le Dr Pauly et un groupe de bénévoles mettent sur pied une bibliothèque
accessible à l'ensemble de la population. Située au tout début dans la maison du docteur,
la bibliothèque déménage à plusieurs reprises pour s'installer à l'Hôtel de Ville
de Noranda dans les années 60.
À la même époque, un local pour les citoyens de la ville de Rouyn est ouvert. Encore
là, après plusieurs déménagements, la bibliothèque se retrouve à l'Hôtel de ville de Rouyn.
Les années passent, et la demande est de plus en plus forte de la part de la population
pour obtenir des locaux spacieux. En 1979, les villes de Rouyn et de Noranda délèguent
à « La Corporation de la bibliothèque du souvenir » la gérance
de leurs bibliothèques. On relocalise les bibliothèques dans de nouveaux locaux :
une centrale (10 000 pieds2) dans l'ancienne école Paul VI sur l'avenue
Dallaire et une succursale (4 000 pieds2) dans les locaux de la
Polyvalente La Source.
La Bibliothèque s'informatise, de nouveaux services s'ajoutent au fil des ans, la
clientèle augmente, les Villes se fusionnent et la bibliothèque a, une fois de plus,
besoin d'espace...
En 1989, le Conseil d'administration de « La Corporation de la bibliothèque
municipale de Rouyn-Noranda » présente un projet d'agrandissement de la centrale;
ce projet implique une fusion des locaux. L'agrandissement reçoit l'aval du Conseil
municipal et du ministère de la Culture : ce dernier injectera 2 100 000 $
(deux millions cent mille dollars) dans les travaux d'agrandissement, ce qui correspond à
78% des coûts !
Sous la présidence de Me Bernard Barrette, une nouvelle bibliothèque moderne et spacieuse
ouvre ses portes à la population en février 1991 : on assiste, depuis ce temps, à une
véritable ruée vers les services de la bibliothèque.
En 1995, la Bibliothèque remporte le prestigieux prix Eurêka décerné à la bibliothèque
par excellence au Québec. Au cours de cette même année, la Bibliothèque met en place une
Fondation dont les revenus d'intérêts serviront uniquement à l'achat de nouveaux volumes.
En 1996, la bibliothèque de Rouyn-Noranda vit à l'ère de l'inforoute et du multimédia
avec ses postes d'accès à Internet pour la clientèle. Cette dernière n'a pas délaissée
la lecture pour autant, car le taux de prêt de volumes par habitant est parmi les
plus élevés au Québec.
La progression des arts
En 1948, des dames anglaises formaient la « Noranda Arts & Crafts Guild ».
Elles se donnèrent comme mission la promotion de la créativité dans certaines disciplines
et l'éveil d'un intérêt artisanal.
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| Le temps des salades, interprété par La poudrerie en 1965. |
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En 1963, une troupe de théâtre « La Poudrerie » entreprend sa première
saison artistique dans les villes soeurs. Dirigée entre autres par M. Gérald Van de Vost, la
troupe monta des pièces comme « Le Boy Friend », « Le temps des salades »,
« Un Otage » et quelques autres qui permirent la découverte d'un
potentiel artistique. Les gens se souviennent des performances d'Yvette Brouillard, Muriel Dutil, Roland
Pelletier, Claude Lacasse et Camil Samson (ancien député provincial sous la bannière créditiste).
En 1967, avec la « Rencontre-animation théâtre » se dessine le premier
mouvement théâtral étudiant. À cette époque, M. Henri Bryselbout, par ses actions et sa disponibilité
s'avéra le pionnier de l'organisation culturelle de Rouyn-Noranda. Il fut gérant du Théâtre du
cuivre fondé à l'occasion du centenaire de la Conféderation en 1967. Il convertit cet éléphant
blanc en centre culturel actif et accessible. Ce travail fut poursuivi avec beaucoup
d'efficacité par deux jeunes directeurs qui se succédèrent : Denis Charron et Claude Lacasse.
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| Richard Desjardins en spectacle au Cabaret de la dernière chance |
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En 1970, le « Ciné club » du Théâtre du cuivre continue l'oeuvre
déjà amorcée dans les institutions scolaires. Le « Ciné club » connu
aujourd'hui sous l'appellation « Ciné qualité » continue de présenter à la
population une série de films choisis. Chaque saison culturelle ramène sur la scène du cuivre le
Festival de musique, les concerts de la chorale « Les Bémols » du Collège
du Nord-Ouest et de la fameuse troupe « Les Baladins » dirigée depuis
plusieurs années par Tony Verret. Jusqu'en 1974, se produisait également au Cuivre, le Festival du
Théâtre amateur.
Depuis 1974, un « Comité des expositions artistiques » organise
régulièrement, au Hall d'entrée du Pavillon des sciences du Cégep, des expositions artistiques
et artisanales. Le Comité veut promouvoir les arts dans la région et faire connaître nos
artistes en leur permettant d'exposer leurs oeuvres.
Avec l'arrivée du Cégep, la vie culturelle a bénéficié d'un nouvel élan. La présence de
professeurs d'arts plastiques, de cinéma et de théâtre et les efforts d'animateurs socioculturel,
tel Norman Murphy, ont consolidé les attentes des jeunes créateurs et spectateurs.

Transport
Dans le domaine des transports, les chemins de fer jouèrent un rôle-titre à l'origine
des villes. Une compagnie privée fut formée en 1925 pour construire une ligne de chemin
de fer entre Rouyn et Taschereau: « Rouyn Mines Railway ». Cette ligne fut incorporée au chemin
de fer transcontinental dès 1926. Un tronçon Swastika-Cheminis-Noranda fut complété en
1927 par le Temiskaming and Northern Ontario Railways, ce qui ouvrait la voie au transport
de minerais. La gare du C.N.R. s'installa à Noranda en 1926. Son premier chef, M. J.R. Raymond
demeurait au premier étage. La gare de Noranda par ailleurs, fut inaugurée en octobre 1927
à l'emplacement actuel sur la 9e rue. Son premier agent R.S. Marshall vint du
Nord-Est de l'Ontario. Il s'installa tout près de la gare dans une maison construite à
cet effet par l'ON R et qui est toujours en place. En 1928, un certain M. Carrier formait
la compagnie d'autobus « Abitibi Coach Line Ltd » pour desservir les alentours de Rouyn-Noranda.
La Compagnie ne pouvait opérer que l'été, vu l'état des routes, au début du développement de
l'Abitibi-Témiscamingue. En 1961, « Abitibi Provincial » devenait une filiale de « Power
Corporation". Le nom de « Voyageur inc. » lui fut attribué
en 1969.
Trois compagnies
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| Arrivée de provisions au « landing » du lac Rouyn |
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À l'automne 1940, la route jusqu'à Mont-Laurier fut terminée mettant ainsi, plus de
dix ans après son ouverture, Rouyn-Noranda et la région en communication avec Montréal. À la
même époque, était formée la « corporation d'autobus de Rouyn-Noranda »
initiative des frères Roch et Gaston Grenon. À l'origine, le réseau couvrait les principaux
quartiers et se rendait même aux mines des alentours : Powell, Granada, Francoeur
d'Arntfield. En 1971, M. Cyril Morin achetait la corporation qui ajoutait à son
circuit la zone de Ste-Bernadette et de Noranda-Nord.
En 1931, monsieur Dan Lamothe fonda une compagnie qui se chargeait de la
construction de nouveaux chemins et de travaux en relation avec les mines. En 1950,
on lui confia le contrat de la route Hull-Maniwaki et en 1957, la construction d'une
section de l'autoroute des Laurentides et de la plupart des routes de l'Abitibi-Témiscamingue.
En 1968, Dan Lamothe mourait dans un accident d'avion. Son fils Aurèle prit la
relève et augmenta même les actifs de la compagnie en achetant des entreprises de
transport routier. Aujourd'hui Lamothe Transport dessert Montréal, Ottawa, Toronto
et la Baie James.
M. Emile Brazeau camionneur, quittait son emploi en 1948, et empruntait de l'argent
pour acheter son premier camion. Il fit d'abord des livraisons aux chemins de fer.
L'année suivante, il obtint un permis pour faire du transport entre Rouyn et Montréal.
En 1962, il avait 80 camions en circulation et une douzaine d'enfants à la maison...
La même année, il vendit son entreprise à la Corporation de gestion La Vérendrye
et M. Maurice Filiatreault en devint le président. D'autres compagnies de transport
furent achetées, ce qui permit à Brazeau Transport d'étendre son réseau à partir de
Montréal et Toronto. En 1972, de son terminus de Matagami, la compagnie se rendait à la Baie
James; pour mieux compléter cette partie du réseau, Air Brazeau était mis en service.
En 1952, M. Jean-Guy Cotnoir acheta un vieux camion Dodge pour effectuer des livraisons.
Il obtint son premier permis de transport général en 1960 et Cotnoir Transport naissait
en 1962. Son premier entrepôt fut incendié; il en érigea un nouveau en 1971 sur le
boulevard Rideau. En 1973, il acheta la plus ancienne compagnie de déménagement de
Noranda, Maxwell Moving & Storage, et en 1974, il inaugurait une succursale
à Val-d'Or.
L'aéroport
Les travaux de construction de l'aéroport de Rouyn débutèrent en 1949 grâce
à l'initiative de la ville de Rouyn qui obtint des subventions du ministère des
Transports. De 1950 à 1961, la compagnie Canadian Pacific Airline assura le
service avec des appareils Lockheed Loadstar et le Douglas DC-3. Ce n'est qu'en
1953 que les opérations de nuit furent autorisées à l'aérodrome avec l'installation
d'un phare rotatif. Un terminus fut aussi construit par la Canadian Pacific Airline
qui effectuait alors 2 vols par jour. En 1957-58, on recouvrit la piste d'asphalte
et on la rallongea de 1100 pieds. Elle était au départ à 4 500 pieds. Vers 1955,
Air Canada débutait ses opérations avec des appareils de type Viscount.
En mars 1968, la ville de Rouyn cédait l'aéroport au ministère des Transports pour
1 $ et ce dernier louait à la ville les terrains de l'aéroport au coût de 1 $
par année. En 1969, on terminait la construction d'un aérogare et on installa par la
suite des équipements tels des lumières d'approche à basse intensité. En 1972, on
décidait de l'extension de la piste avec rampe d'accès parallèle et la ville nommait
M. Francis Lavigne directeur de l'aéroport. En 1973, Air Canada introduisait
le service d'appareils DC-9.
En mai 1974, la station aéronautique de Rouyn inaugurait ses activités. Un hangar
était construit pour Air Brazeau et Québécair débutait ses opérations avec des appareils
de type F-27. En juin 1975, un nouveau directeur était engagé, il s'agit de M. Rodrigue Tremblay.
Depuis, on a toujours continué à améliorer les équipements : eau potable, camions, chasse-neige...

Communications
Les journaux
En 1926, parut le premier journal à Rouyn, le « Copper Gold Era ». Il
se vendait 25 sous la copie et tout le monde l'achetait. Par la suite, deux ou trois autres
journaux connurent une vie très brève. Ce fut le cas du « Rouyn-Noranda Press »,
fondé en janvier 1933; cependant, un groupe d'hommes d'affaires décidèrent de lui redonner sa
vigueur. Avec M. Dan Jones comme directeur, ce journal connut une grande période de prospérité.
Le local était situé dans l'édifice Rice, attenant au bloc Miron sur la rue Principale. Aujourd'hui
le « Rouyn Noranda Press » continue d'offrir aux anglophones leur information hebdomadaire.
Un journal marginal compétitionna le « Press » pendant plusieurs années. Il s'agit du
« Monitor », un hebdomadaire bilingue dirigé par Théodore Soucie.
Le premier numéro de « La Frontière » sortit un jour de fête nationale, le 24 juin 1937. Les
citoyens de Rouyn-Noranda avaient déjà exprimé le désir d'obtenir un journal de langue française,
mais l'entreprise était hasardeuse et personne n'osait s'aventurer jusqu'à ce que le docteur
G.A. Rioux décide de faire les démarches nécessaires. Avec un groupe d'hommes d'affaires,
il recueillit les fonds pour la formation d'une compagnie qui édita un journal se voulant
de langue et d'esprit français. M. Eric Maurice en fut le gérant, tandis que M. Julien
Morrissette assumait le poste de rédacteur-en-chef.
Jean-Pierre Bonneville dirigea le Journal « Le Progrès » pendant dix ans avant
d'acquérir « La Frontière », au début des années 60. Le célèbre éditorialiste cédait son
journal au groupe Québécor en 1974. Pierre Péladeau lança le projet audacieux du « Journal du
Nord-Ouest », premier quotidien en Abitibi-Témiscamingue. Ce quotidien, dont la première
édition parue le 6 octobre 1974, dût cesser ses opérations 7 mois plus tard. Pendant ce
temps, la Frontière continuait de publier son édition hebdomadaire. Seulement quelques
compétiteurs : « La Voix Libre » en 1957, « L'Éclaireur
du Nord-Ouest » en 1965 et « l'Hebdo de Rouyn-Noranda » en 1970
ont tenté d'apporter un complément d'information à la population.
La radio et la télévision
Le poste radiophonique CKRN de Rouyn commença officiellement ses émissions, vendredi
le 10 février 1939 à 18 h 30. En plus des discours des maires et des curés, un
programme musical fut présenté par quelques artistes locaux dont la chorale du
Couronnement, le trio Mignault-Charlebois-Dolan, un solo de violon par M. Aimé
Mignault, des chants par Mlle Marie-Rose Loiselle et
MM. A. Roux, D. Trudel et J. Linklater.
Les premiers directeurs du poste CKRN Radio furent: Lucien Labelle, Paul Cuddihy,
Frédéric Hébert, J.P. Tardif, Dan A. Jones, Nelson Pinder, J. Donat Thibault. Le principe
du bilinguisme fut longtemps respectueusement gardé.
En 1948, Messieurs David-Armand Gourd, Jean-Joffre Gourd et Roger Charbonneau
s'associèrent pour acheter la station radiophonique affiliée à Radio-Canada depuis
1942. Radio-Nord, à ce moment-là comprenait trois stations: une à Rouyn et une
autre à Amos qui diffusaient sur une fréquence de 250 watts; celle de Val d'Or
diffusait sur 100 watts.
En 1950, Rouyn augmentait sa puissance de diffusion à 1,000 watts, et CKLS La Sarre
vint se joindre au groupe. En 1957, c'est l'avènement de la télévision. Le centre de
diffusion s'installa à l'extérieur de la ville de Rouyn afin de bénéficier du 60 cycles car, à cette
époque dans le Nord-Ouest, seules les villes-soeurs fonctionnaient encore avec le 25 cycles.
Afin d'améliorer la qualité de réception dans l'est de la région, on installait en 1970,
une antenne au Mont Vidéo avec un réémetteur de 50,000 watts. En 1975, la couleur fit son apparition
à la télévision de CKRN et CJDG ce qui occasionna des investissements importants
au niveau des studios, des caméras et du système d'éclairage.

Les industries et les commerces
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| Épicerie et station de taxi, coin Principale - rue Noranda |
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L'économie de l'Abitibi-Témiscamingue repose avant tout sur les richesses naturelles
de la région et il en va de même pour Rouyn-Noranda.
Parmi nos ressources, le secteur minier occupe la place la plus importante. Le
domaine forestier joue également un rôle primordial, car les villes se situent au coeur
d'une zone forestière. Par contre, la région de Rouyn-Noranda n'est pas réellement
propice à l'agriculture.
Vers la fin des années 20, la « Canadian International Paper »
établit à McWatters un entrepôt qui sert à approvisionner tous les camps. Une grande
partie des approvisionnements est achetée chez les marchands de Rouyn-Noranda.
La « Division de Noranda » assure des débouchés pour la main d'oeuvre :
vers les années 51-52, on dénombre un personnel permanent d'environ 80 personnes demeurant
à Rouyn-Noranda. Toutefois, la compagnie cesse ses activités au début des années 70.
L'industrie de transformation s'avère elle aussi, liée aux richesses naturelles, bois,
minerais, viandes, etc... Malheureusement, la faible densité de population et son éloignement
des grands centres demeurent les obstacles majeurs à son développement.
La majorité des entreprises de transformation à Rouyn-Noranda comme dans la région,
ont employé et emploient encore en 2002 peu de personnel (7% en 1975, 7,3% en 1996). A l'exception
de quelques établissements spécialisés dans l'industrie métallique et dans l'industrie du
bois, elles ne font généralement que répondre aux besoins régionaux. Une bonne partie de ces
entreprises sont orientées dans le domaine de l'alimentation. Un autre groupe se spécialise
dans la fabrication d'équipement minier ou forestier.
Le ministère de l'Industrie et du Commerce ouvre en mars 1963 un bureau
régional à La Sarre afin de promouvoir le progrès industriel. Le bureau est transféré
à Rouyn en 1965 et il est maintenant situé à l'édifice du Centre Administratif Régional.
Le MIC se fixe comme priorité le développement de l'industrie au niveau de la région.
Leur politique actuelle est d'encourager toute initiative au niveau de la transformation.
En 1967-68, par exemple, ils ont aidé à la consolidation de l'industrie laitière par la
fusion et la modernisation de la Laiterie Dallaire.
1966 se révèle une année importante pour le développement des villes-soeurs.
A l'intérieur du nouveau découpage administratif du Québec, Rouyn-Noranda est choisie
comme capitale régionale, principalement à cause de sa densité de population et de ses
activités économiques. Ce fait entraîne l'établissement et la construction de nouveaux
services gouvernementaux et éducatifs.
Le développement commercial
Le commerce joue un rôle intéressant à Rouyn-Noranda. En 1972, 44 marchands de gros
et 821 commerces de détail réalisent des ventes totales d'une valeur atteignant presque
95 millions de dollars. Parmi les plus importants, signalons A. de la Chevrotière,
les Entreprises du Groupe Gaudreault, Montemurro, Kresge, Zellers, les Galeries Vachon et Bélisle.
A l'époque des premiers magasins, en plus du magasin général Dumulon, on retrouvait
le « Box & Huennegard », Brundage & Ferguson,
l'épicerie J.S. Gervais, l'épicerie de Ludger Lafond, une pharmacie, une quincaillerie etc...
La livraison se faisait dans des grosses boîtes de bois tirées par des chevaux
Messieurs Pinder et Ducharme s'occupaient de la vente de lots. Comme les affaires
s'annonçaient bonnes, des banques vinrent s'établir : la Banque Canadienne Nationale en 1925,
puis sous la tente, s'installait la Banque Canadienne de Commerce en 1926.
D'abord commis à cette banque, M. L.T. Garon en devint le gérant jusqu'en 1968. Dans
le domaine des institutions financières, aujourd'hui sept banques et deux caisses populaires
desservent la population des villes-soeurs.
Au début des années 70, Rouyn accentue son développement commercial, tandis
qu'il se détériore de plus en plus à Noranda. Mais en 1972, un Centre d'Achats,
regroupant quatorze commerces, se construit à l'angle de la 15e Rue et du boulevard Rideau.
Le 1er mai 1974, le MIC préside la fondation d'une commission industrielle
regroupant Rouyn et Noranda. Le commissaire, M. Louis-Marie Fortin est chargé d'établir
un programme économique afin d'attirer de nouvelles industries à Rouyn-Noranda tout en favorisant le
développement des entreprises déjà en place.

Les moments marquants de Rouyn-Noranda
1917- La ruée vers l'or et vers... l'avenir
Edmund Horne découvre de riches gisements de cuivre et d'or sur les rives du lac
Osisko, au Nord-Ouest du Québec, la province canadienne la plus riche en ressources minières.
C'est le coup d'envoi d'une véritable ruée vers ce qui deviendra les
« villes jumelles » de Rouyn et Noranda.
Vie d'aventure, plaisirs nocturnes et travail acharné marquent les débuts de ce
camp minier peuplé de centaines d'aventuriers. Ils « squattent »
le territoire qui entoure le site de ce qui deviendra la Noranda, une géante
mondiale de la métallurgie.
1926- Le calme après la tempête
Presque 10 ans après ces débuts tumultueux, l'ordre s'est installé. Le Camp Horne
devient la ville de Noranda, régie par une organisation stricte. Noranda est considérée, à l'époque,
comme un modèle de ville minière.
Rouyn est érigée en municipalité en juin. Elle se construit autour du village créé au
sud-ouest du lac Osisko et des camps de squatters de Rouyn-Sud, Glenwood et Abbeyville.
1930-40- Rouyn et Noranda s'ouvrent sur le monde
En 1933, c'est la parution du « Rouyn-Noranda Press »,
hebdomadaire anglophone qui existera jusqu'au début des années 80.
1937 voit naître le journal « La Frontière », devenu
depuis le principal hebdo de Rouyn-Noranda.
C'est en 1939 que la première station radiophonique voit le jour.
CKRN-RADIO devint un pilier du Groupe Radio-Nord Communication, oeuvrant aujourd'hui en
radio et télévision sur l'ensemble du territoire de l'Abitibi-Témiscamingue et dans
la région de l'Outaouais.
En 1940, la route reliant Rouyn-Noranda est inaugurée. Elle relie la région
aux grands centres urbains québécois de Montréal et Québec.
1940-50- Qui s'instruit...
Les villes de Rouyn et de Noranda se donnent les services d'éducation pour répondre
au besoin grandissant des pionniers qui ont pris racine et fondé leur famille.
En 1944, l'école des Arts et métiers ouvre ses portes. L'année 1948, est marquée par
la construction de l'école Immaculée-Conception et en 1950, c'est la construction de
l'école Notre-Dame du Sourire.
1950-1960- Rouyn et Noranda villes multiculturelles
La compagnie minière Noranda ayant recruté des travailleurs étrangers provenant
principalement d'Europe, les Canadiens anglais et les immigrants formaient la majorité de la
population de Noranda au début des années 40. Cette population cosmopolite demeurait encore
très présente dans les années 50.
Rouyn, pour sa part, après la ruée vers l'or du tout début, allait vite devenir une
ville plus largement francophone.
Ce mélange de cultures confère à Rouyn-Noranda un caractère unique où synagogue,
église orthodoxe russe et église catholique font partie du même paysage urbain.
1960-70- Une place à prendre... dans tous les domaines
En 1966 Rouyn-Noranda devient la capitale administrative régionale,
c'est-à-dire qu'on y installe plusieurs bureaux régionaux de différents ministères du gouvernement
du Québec qui se lance dans une certaine décentralisation de son administration.
Sous cette impulsion, en 1967, l'ancien collège classique devient le Collège
d'enseignement général et professionnel (Cégep) de l'Abitibi-Témiscamingue.
En 1967 , la construction du Théâtre du Cuivre pourvoit la ville d'une salle
de spectacle reconnue comme une des meilleures au Québec. Le TDC devient un objet de fierté
collective recevant de nombreux prix prestigieux à l'échelle nationale.
1970-80- Les hauts et les bas et d'une ville minière
En 1973, entre en fonction à la Noranda une usine de smeltage en continu. Cet événement
vient consolider l'avenir de la présence de la multinationale à Rouyn-Noranda.
En 1976, c'est la fin des activités d'extraction à la mine Horne. Plus de 59 millions
de tonnes de minerais de cuivre, d'or et d'argent ont été extraits en près de 50 ans d'activité intense.
1980-90- La qualité de vie, une priorité d'avenir
Depuis sa première édition en 1981, le « Festival du cinéma international
en Abitibi-Témiscamingue » est devenu un événement reconnu dans le monde pour la chaleur
de son accueil et la qualité de sa programmation cinématographique.
En 1983, c'est l'inauguration de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.
Pilier du développement, l'UQAT a attribué plus de 7000 diplômes et 85% de ses diplômés(ées) oeuvrent
en région contribuant ainsi à l'essor collectif.
En avril 87, Rouyn-Noranda, maintenant fusionnées depuis 10 mois, devient la première
ville en Amérique à adhérer au concept de « Ville en Santé ». On mobilise
les forces vives et les ressources disponibles au profit de l'amélioration de la qualité de vie.
1990-2000- Les défis du tournant du siècle
En 1991, Rouyn-Noranda inaugure une nouvelle bibliothèque moderne et spacieuse
qui lui permet d'obtenir le titre de bibliothèque de l'année au Québec, 4 ans plus tard.
En 1995, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue se dote d'un tout
nouveau campus et intensifie ses activités au plan de la coopération internationale.
En 1999, sous l'impulsion du maire Pierre Grandmaître, une formidable mobilisation
réunit l'ensemble des forces vives et se lance à l'assaut du développement économique.
Le « Chantier Défi Emploi » regroupe des centaines de femmes et d'hommes
qui travaillent conjointement pour « Devenir seuls maîtres de notre développement ».
Forte de son histoire, confiante en son avenir, la population de Rouyn-Noranda est
prête à relever avec brio les défis du tournant du siècle.
En 2001 Rouyn-Noranda a célébré fièrement ses 75 ans d'histoire.